L’abbaye

L’ABBAYE D’EBERSMUNSTER

La fondation de l’abbaye d’Ebersmunster, une des plus anciennes d’Alsace, remonterait à la fin du VIIème siècle. Elle serait l’œuvre d’un duc d’Alsace, peut-être Adalrich, père de Sainte Odile. Dédiée dès l’origine à saint Maurice d’Agaune (Suisse), elle adopta la règle bénédictine. Placée sous l’autorité de l’Empire au VIIIème siècle, elle échut à l’évêque de Strasbourg un siècle plus tard.

lavis Johan Andreas Silbermann

lavis Johan Andreas Silbermann

Ebersmunster 1731. NB. In meiner jungetlichen Einfalt machte ich die Thürne höher als sie sind, weil ich glaubte es stände schöner.

Ce texte de Johan Andreas Silbermann accompagne un dessin à la plume et au lavis (18×22 cm) qu’il exécuta lors de l’installation de l’orgue avec son père. Pour enjoliver son dessin, tout à son ardeur juvénile, il n’hésita pas à montrer les tours plus hautes qu’elles n’étaient. Sur la partie droite, il a figuré l’ancienne église paroissiale Saint-Jean-Baptiste, détruite à la Révolution (archives des Monuments historiques).

Outre son talent de facteur d’orgues, Johan Andreas était également historien. On lui doit plusieurs ouvrages sur l’Alsace : une histoire de Strasbourg (1775), ainsi qu’une description du Mont Sainte-Odile (1781).

En 1632, au cours de la Guerre de trente ans, l’édifice fut incendié. Il s’ensuivit une période de reconstruction à partir de 1670, temrinée en 1683, sous la direction de l’abbé Roethelin, originaire de Fribourg-en-Brigsau (abbé d’Ebermsunster ede 1675 à 1715). Ses armes parlantes, un rouge-gorge, sont sculptées sur le devant des autels de l’église. De cette période sont conservées la tour de chevet, le chœur de l’église, ains que la porte d’entrée de la nef. Un peu plus tard, le même commanditaire fit élever les deux tours de façade en 1709-1710, par un architecte venu du Vorarlberg (Autriche), Peter Thumb. Ce dernier procéda également à la reconstruction des bâtiments conventuels, entre 1720 et 1726 ? IL restait à reconstruire la nef de l’église (qui datait encore de l’époque médiévale). Ce fut chose faite entre 1725 et 1727, par le même architecte, sous contrôle de l’abbé Candide Maeder. On éleva également une nouvelle façade, du côté ouest, avec un proche au rez-de-chaussée. Entre 1727 et 1733, une grande partie du mobilier était en place, et la bénédiction de l’édifice put avoir lieu en 1730.

La communauté religieuse, forte de 26 religieux, fut dispersée en 1791. L’église abbatiale devint alors paroissiale. En effet, l’ancienne église dédiée à saint Jean-Baptiste, à l’emplacement du cimetière actuel, venait d‘être détruite. Au cours du XIXème siècle, les anciens bâtiments conventuels furent acquis par les frères Marianistes, qui installèrent en 1845 une chapelle à l’étage de l’ancienne hôtellerie dont une partie fut détruite pour laisser la place à un bâtiment agricole (grange, étable et remise, datés de 1861). Ls bâtiments du couvent servent aujourd’hui à une école privée. Les bâtiments du second cloitre tombèrent en ruine. Certain des bâtiments qui participaient à la vie économique de l’abbaye sont encore en place : le moulin (aujourd’hui malterie), reconstruit en 1778, le logement des domestiques (restaurant Aux deux clés), et les étables (date de 1724 en réemploi) en face de la mairie.

abbatiale ebersmunster carte
(Représentation en perspective de l’abbaye – gravure de Danneger)

Bien que cette représentation perspective de l’abbaye d’Ebersmunster laisse parfois à désirer (voir la position du porche de la cour du couvent, ou la localisation erronée de la tour de chevet), cette gravure de Danneger datée de 1750 est une remarquable source de renseignements (archives des Monuments historiques : 18 x 26,5 cm). On y trouve représentées, en dehors de l’église abbatiale, des parties ayant aujourd’hui disparu, comme le second cloître et une grande partie de l’hôtellerie. En bodure du mur d’enclos, d’autres bâtiments sont également mentionnés. Certains ont été démolis (la fabrique, la boulangerie, la tuilerie, l’écurie, la menuiserie) ; d’autres sont encore en place : le moulin (reconstruit), la maison des domestiques (restaurant Aux deux clefs), et l’étable (dite maison dimière).